Frédéric Stantina est chef de cuisine : parrainé par deux collègues, en l'occurrence Pieter Harens, restaurateur des « Trois Vallées » à Hirsingue (par ailleurs président de l'association des hôteliers-restaurateurs-cafetiers du Sundgau) et Roger Fischer, restaurateur au « Studerhof » à Bettlach, déjà membres respectivement depuis sept ans et quatre ans de l'association professionnelle des restaurateurs et chefs de cuisine du Haut-Rhin, le patron hirtzbachois a donc intégré cette digne assemblée et a reçu un panonceau spécifique pour mettre en avant sa qualification qui se résume en une phrase slogan « Cuisinier, c'est un métier ! ».
Du temps et des produits du terroir
Il s'agit ainsi de se distinguer d'un certain nombre d'établissements de restauration qui proposent aux clients des plats cuisinés préparés de manière industrielle et simplement réchauffés. Frédéric Stantina qui est installé à Hirtzbach depuis trois ans souligne une évidence que certains ont parfois tendance à oublier. « La cuisine demande du temps et parfois, il faut savoir attendre un peu... Il n'y a pas de produits de 5e gamme, on n'utilise que des produits frais du terroir (qui peuvent aussi être achetés congelés hors saison), du canard, du poisson dont la carpe, de la choucroute, des rognons, des légumes etc. Les pâtes sont faites maison, la salade mêlée et les Sürlawerlas aussi ! », énumère dans le désordre le récipiendaire, qui compte six personnes en cuisine et quatre en salle.
Les deux parrains accompagnés par Rémy Haeffelin, restaurateur à Wintzenheim et président de l'association, ont remis le panonceau en mains propres au nouvel adhérent dont l'engagement consiste d'une part à promouvoir la gastronomie alsacienne notamment par l'organisation de manifestations ponctuelles (poisson en fête au mois de mars-avril, fête de la cuisine au mois de mai, fête de la chasse en novembre) durant lesquelles sont servis des menus particulièrement attractifs avec une boisson comprise ;
d'autre part, à protéger et valoriser le métier par le respect d'une démarche de certification (Certiqual) aux contraintes strictes et qui englobe divers aspects, la cuisine, l'hygiène, l'accueil, le service, le volet écologique... « On peut avoir droit à des subventions du Conseil général allant jusqu'à 15% du montant des travaux effectués », souligne le président Haeffelin.
70 adhérents dans le Haut-Rhin
L'association promeut la fédération et ses adhérents au nombre de 150 en Alsace et 70 dans le Haut-Rhin (dont trois désormais dans l'arrondissement d'Altkirch et bientôt un quatrième à Wahlbach) par le biais d'un dépliant et d'un site internet et cherche à entretenir une convivialité entre les professionnels. Elle a également le souci de la transmission du patrimoine culinaire régional et ses membres sont tous maîtres d'apprentissage.
Mais les quatre restaurateurs réunis ce jour-là à Hirtzbach le déplorent : il est de plus en plus difficile d'attirer les jeunes dans ce métier « dur mais passionnant », d'une part en raison d'horaires atypiques mais aussi à cause de l'impossibilité de les rémunérer très confortablement. « Si nous avions moins de charges et si nous pouvions bénéficier d'une TVA à 5,5%, tout irait beaucoup mieux », s'exclament-ils en choeur. Fin de la parenthèse syndicale...
© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 14 Avril 2007. - Tous droits de reproduction réservés